Contrairement à une idée reçue très répandue, le daltonisme n’est pas une condition unique et uniforme. Il en existe plusieurs types, chacun correspondant au dysfonctionnement d’un type précis de photorécepteur rétinien.

Le principe : les cônes défaillants
L’œil humain contient trois types de cônes, chacun sensible à une plage de longueurs d’onde :
- Cônes L (sensibles au rouge-orangé)
- Cônes M (sensibles au vert)
- Cônes S (sensibles au bleu-violet)
Le daltonisme survient quand l’un de ces cônes fonctionne mal ou est absent. Selon lequel est affecté et à quel degré, le type de daltonisme varie.

Les daltonismes rouge-vert (4 types)
Ce sont les formes les plus courantes. Les gènes responsables se situent sur le chromosome X, ce qui explique la prévalence masculine.
Deutéranopie
Absence totale des cônes verts. Le vert est perçu via les cônes rouges uniquement, ce qui crée une confusion marquée entre rouge, vert, orange et marron.

Prévalence : environ 1 homme sur 100, 1 femme sur 5 000.
Protanopie
Absence totale des cônes rouges. Les teintes rouges et orangées apparaissent sombres, voire noires. La confusion porte surtout sur le rouge, le vert et le brun.

Prévalence : environ 1 homme sur 100, 1 femme sur 10 000.
Deutéranomalie
Le cône vert est présent mais son pic de sensibilité est décalé vers le rouge. C’est le daltonisme le plus répandu.

Prévalence : environ 1 homme sur 20, 1 femme sur 200.
Protanomalie
Le cône rouge est présent mais décalé. Forme modérée de protanopie.

Prévalence : environ 1 homme sur 100.
Les daltonismes bleu-jaune (2 types)
Ces formes sont beaucoup plus rares. Le gène en cause se situe sur le chromosome 7 (non lié au sexe), donc elles touchent autant les hommes que les femmes.
Tritanopie
Absence totale des cônes bleus. Le bleu et le jaune sont confondus. Les formes bleues sont perçues comme du vert ou du rose selon le contexte.

Prévalence : environ 1 personne sur 30 000.
Tritanomalie
Dysfonctionnement partiel des cônes bleus. Très rare.

L’achromatopsie
Absence totale ou quasi-totale de cônes fonctionnels. La personne voit uniquement en niveaux de gris et est souvent très sensible à la lumière (photophobie).

Prévalence : environ 1 personne sur 30 000 à 50 000.
Des combinaisons infinies
Ces sept types de base ne représentent que les catégories diagnostiques principales. En réalité, si l’on prend en compte les degrés de sévérité possibles pour chaque type et leurs combinaisons multiples, on dépasse facilement quarante-six configurations distinctes.
Chaque personne daltonienne présente une configuration unique. Deux personnes diagnostiquées « deutéranopes » ne voient pas nécessairement de la même façon. C’est pourquoi il est toujours préférable de parler de dyschromatopsie au pluriel, et de ne pas réduire le daltonisme à un seul tableau clinique.